Le 18 novembre 2011, un évènement pour faire émerger un FabLab en région PACA s’est déroulé à l‘Ecole d’Arts d’Aix en Provence. Voici un récapitulatif de cette journée pleine de perspectives.

Introduction

Renaud Francou a commencé son introduction en nous présentant La Fing qui joue un rôle essentiel dans l’anticipation des nouvelles technologies.

La Fing organise des évènements comme celui-ci ou des lieux de réflexions et elle fournit un feedback en publiant le résultat de ses recherches.

Jean-Paul Ponthot, le Directeur de l’Ecole d’Arts d’Aix en Provence, qui hébergeait l’évènement, nous a ensuite présenté son établissement en nous expliquant de l’Ecole d’Art est une sorte de laboratoire du futur. La création artistique permet d’ailleurs de disposer d’objets cognitifs c’est d’ailleurs pour cela que l’école dispose d’un atelier type mécatronique.

Thierry Fellmanle directeur du Pôle Innovation Emploi Formation de la région PACA, a ensuite insisté sur les enjeux que peuvent développer un Fab Lab en région PACA. En effet, cela permet quelque part d’éviter de creuser le fossé numérique vis à vis des nouvelles technologies. Mais c’est aussi un moyen de découvrir un modèle économique de proximité dans la conception de prototypage d’objets.

Enjeux et perspectives des lieux de fabrication numérique et de prototypage rapide

L.O.E.I.L.

Jean-Pierre Mandon, enseignant à l’Ecole d’Arts d’Aix en Provence, nous a introduit LOEIL, l’atelier de mécatronique de l’école. Il nous a expliqué que cet atelier existe depuis 1992 et qu’il combine différents savoir-faire de l’Ecole : l’Electronique, le Volume et le Multimédia. Donc c’est une sorte de Fab Lab pour l’école.

Cela permet d’interfacer des structures mécaniques avec de l’électronique sans pour autant transformer les élèves en électroniciens.

C’est dans ce cadre là que l’on a pu découvrir différents projets déjà réalisés sous formes de Workshop:

  • Mormyrophone : C’est un projet qui consiste à capter les signaux électriques des poissons à micro-impulsions électriques (Mormyres)
  • Cybie : C’est un hacking software et harware de chiens robots.
  • Mechatronics : C’est le détournement de jouets robots WoW Wee Chimpanzee et Baby Robot
  • Wiiwmote Hacking : Utiliser la WiiMote comme dispositif de captation pour développer de nouveaux projets, et y rajouter des capteurs additionnels, bref du hacking.
Il nous a ensuite présenté deux robots l‘EREX et le ROB-O qui sont deux robots qui permettent l’exploration de mondes virtuels basés sur le langage VRML.
Mais le l’OEIL, ce n’est pas seulement des projets dans le cadre d’études, c’est également un endroit où des étudiants peuvent développer des projets personnels :
  • C’est le cas avec Gaultier Le Rouzic avec sa TypeWriterBot (TWB) qui permet de donner de « l’intelligence » à une simple machine à écrire, vous lui tapez une question et la machine vous répond en frappant la réponse.
  • Un autre projet est celui de Joel Belouet qui a réalisé une machine type CNC qui dispose d’une webcam et qui permet d’analyser finement des objets.
  • Dans un autre domaine, Claire Camous a créé une robe communicante qui dispose de 90 LED qui réagissent en fonction d’une interaction sur son épaule.

Pinguino

Puis Jean-Pierre Mandon a parlé de Pinguino, c’est un système open-hardware et open-software à l’identique du projet Arduino, mais basé sur un micro-contrôleur PIC de Microchip. Ce système a été créé en 2008 comme une alternative à Arduino, dans le but de fournir un support pédagogique facile à construire « dans son garage ».
La version primaire a d’ailleurs bien évoluer avec une version actuelle de produite par Olimex avec un micro-contrôleur 32 bits : PIC32-PINGUINO.

OPTILAB

Pour finir, il nous a présenté OPTILAB, un projet actuel de constitution d’un FABLAB orienté optique en région PACA au sein même de l’Ecole d’Arts d’Aix en Provence. Ce projet est encore en phase de développement et s’axe autour de machines d’usinages numériques (Imprimantes 3D, Fraiseuses numérique et Machine de découpe laser) et autour de logiciel de conception open-source (FreeCad, FreeMill et EMC2).

Restitution du « benchmark international »

Véronique Routin et Fabien Eychenne (La Fing / Projet Fab Lab Squared ) ont dressé un tableau des différents FabLab existant en nous expliquant que « Faire, Partager et Apprendre » sont les trois piliers fondamentaux du FabLab.

D’un point de vue historique, le premier FabLab a vue le jour au MIT en 2002 car les étudiants souhaitaient créer des objets personnels en utilisant les moyens de l’école.

Le FabLab, c’est pour quoi faire concrètement ?

  • Production personnelle
  • Détournement d’objets, hacking
  • Petite série
  • Prototypage
  • Formation
  • Projets Artistiques
  • Bio Hack
  • Réparation
  • Bricolage

Qui peut on retrouver dans un FabLab ?

  • des Designers
  • des Ingénieurs
  • des Hackers
  • des Artistes
  • des Pro Amateurs
  • des Makers
  • des Néophytes
  • Vous ?

Les enjeux d’un FabLab

  • Apprendre par le « Faire »
  • Le droit à l’erreur
  • Transdisciplinarité
  • Créer plutôt que consommer
  • Répondre à des enjeux locaux
  • Incubateur de projets
En fait ce qui est nouveau avec le FabLab, c’est de donner la possibilité au peuple d’accéder à la technologie et de pouvoir passer rapidement d’une idée à la réalisation d’un prototype rapidement.

Un FabLab avec quoi et qui ?

Pour créer un FabLab , le MIT recommande 3 machines de bases :
  • Une fraiseuse numérique CNC,
  • Une machine de prototypage électronique.
  • Une Machine de découpe Vinyle.
La machine de découpe laser et l’imprimante 3D ne sont pas mentionnée, car malgré l’intérêt qu’elles procurent, elles ne sont pas essentielle au développement initial d’un FabLab.
Le MIT recommande également l’utilisation de logiciel OpenSource pour que chacun puis travailler virtuellement et gratuitement à son domicile.
Il est également possible de fabriquer de nouvelles machines à partir des 3 premières afin de réduire les coûts.
Mais le FabLab, ce n’est pas seulement du matériel, c’est également une équipe dynamique.
On retrouve dans sa structure un Directeur, qui est chargé de trouver un moyen de financer le lieu et qui doit définir une stratégie avec les différents acteurs du FabLab.
L’équipe peut être composé de stagiaires pour aider dans les tâches courantes comme l’accueil du public, ou même de la formation après avoir appris eux-mêmes, en contre partie, ils peuvent disposer du lieu gratuitement.

Retours d’expériences

Comment fonctionne concrètement un Fab Lab, « pour de vrai » ?

Nicolas Lassabe est l’un des fondateurs d’Artilect à Toulouse, c’est un FabLab qui a été créé car il fallait combler un manque pour la création rapide de prototype dans la région.

A la base,  ils ont conçu un lieu d’échange avec différents spécialistes dans le domaine de la conception réunis au même endroit.

Et très vite le constat a été fait que l’on pouvait être très créatifs dans le virtuel mais si l’on ne dispose pas d’outils de création, c’est gâcher la créativité des gens.

En 2009, une association a vu le jour pour échanger et créer des objets et le concept de FabLab a émerger de lui-même du projet initial.

A la base, c’était des conférences pour présenter des outils, et petit à petit les gens se sont regroupés et ont répondus a des appels d’offres de création artistique, ce qui a permis l’achat de nouvelles machines. Ils ont ensuite ajouté la formation à leur panel de compétence, notamment sur l’Arduino.

Ce lieu est également un carrefour important pour les étudiants qui peuvent finaliser une thèse à l’aide de formation et en trouvant les moyens de créer des objets.

C’est aussi un pôle de compétence avec des porteurs de projets qui peuvent réaliser des prototypes pour présenter concrètement leurs idées à des incubateurs de projets.

Parlons un peu finance

Au niveau du financement du lieu, Nicolas Lassabe nous a indiqué que les subventions représentaient environ 40% du budget de fonctionnement, et que le reste était des fonds de revenues d’activités : cotisations, formations payantes, appel d’offres, privatisation du FabLab, etc…

Sur ce dernier point, on peut préciser qu’un FabLab peut être privatisé par une entreprise, c’est d’ailleurs une démarche qu’à entreprit la section R&D d’Airbus, disposant d’une structure pour de la réalisation de série mais bizarrement pas pour du prototypage.

Le Bio Hack

C’est une nouvelle tendance qui s’inscrit dans les Fab Lab en rajoutant une connotation biologie à la technologie. Un des projets porté en incubation par Artilect consiste à automatiser le processus de croissance des orchidées à l’aide de technique très particulière, notamment pour la phase de stérilisation des graines. Le FabLab apporte le support matériel et technique dans ce projet en complément des connaissances en biologie du porteur de projet.

D’autres projets dans ce domaine sont exploré, comme le désherbage automatisé dans les AMAP.

Fab Lab House

Thomas Diez a présenté la structure et les projet du Fab Lab de Barcelone ainsi que le projet Fab Lab House, une maison écologique solaire au design particulier qui est auto-suffisante en énergie.

Atelier Participatif : Co-construire un Fab Lab

L’après midi, par petit groupe nous avons développé des idées autour de mots-clés définissant un type de Fab Lab. Je me suis retrouvé naturellement dans le groupe de Fab Lab d’un point de vue « micro-électronique ».

Dans un premier temps en l’aide de LEGO, on a essayé de représenter notre personnage dans le contexte, et perso voilà ce que j’ai fait :

Cela représente une sorte de bloggueur geek qui garde un oeil sur la robotique…. 😉

Après nous avons élaboré sur papier la stratégie de notre Fab Lab en définissant ses objectifs,ses moyens et son public. Pour ensuite réaliser une maquette plus complète en mettant tous nos éléments en commun, et ça a donné à peu près cela :

Puis, les différentes équipes se sont réunis et chacun a présenté son projet de Fab Lab.

Il a fallu après essayer de tisser des liens entre les divers Fab Lab et tous ces résultats on été collecté afin de définir des pistes pour développer concrètement un Fab Lab en région PACA.

Les résultats de cet atelier sont publié sur le site de nod-a

Conclusion

Cette journée a été forte enrichissante pour moi, tout d’abord avec la découverte de l’Ecole d’Arts d’Aix en Provence, où j’ai découvert que l’art prenait de plus en plus une direction numérique.

Puis, j’ai pu apprendre que la Fab Lab n’était pas seulement un lieu ouvert aux bidouilleurs, mais également un endroit que l’on pouvait privatiser pour des entreprises.

Ce point m’a un peu choqué au début car il allait pour moi à l’encontre de la philosophie de faire un lieu ouvert accessible à tous, mais c’est un point nécessaire pour pouvoir le financer en partie.

En surtout, le point le plus important, on peut dire que voir des Fab Labs émerger en région PACA n’est plus une utopie.

Retrouvez le bilan de cette journée sur le site de la fing.org

  • Rfrancou

    Wouahou, merci, c’est plus que complet !
    Pour ceux qui ont la nostalgie des legos et voudraient voir d’autres « protos » de possibles Fab Labs, c’est ici : http://past.is/cPpH

  • Graphigreg

    Je veux monter un FABLAB. Je commence par quoi ??

    • Mathias

      Je pense que trouver une bonne grosse somme d’argent serait un bon début.
      Si c’est fait il te faut ensuite un lieu assez grand pour y installer l’atelier, en ville de préférence, car les gens y sont plus nombreux, normal.
      Apres, il faut acheter ou construire (plus long haha) tes machines, genre CNC, 3d printer, fraiseuses et tourneuses en tout genre (tu en trouvera plus sur le wiki fablad), t’ecipper en outils informatique, et faire une campagne publicitaire pour que les gens ait au moins connaissance de ce qu’est un FabLab, et qu’il y en a un dans leur ville.
      Mais si tu veut que ce soit rentable, du moins que ça ne te mettes pas a la rue, je te conseille avant tout de bien travailler ton étude de marché, même s’il elle sera compliqué, vu que c’est un concept nouveau, et que tu ne peux pas vraiment connaitre le marché de ta ville, car il tu ne peux te baser sur les chiffres d’une quelconque concurrence je te conseille d’aller dans la chambre de commerce et d’industrie pour trouver des gens pouvant t’aider.
      Voila voila, en espérant que ça ne te décourages pas haha, si tu est vraiment motivé, tu y arriveras 🙂
      Bon courage pour ton projet !

    • Mathias

      J’ai vraiment écrit équiper « ecipper » .. C’est super chaud pour moi ça..